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Casablanca, 773 000 ans : des fossiles d’homininés proches de l’ancêtre commun d’Homo sapiens et des Néandertaliens


Le Jeudi 8 Janvier modifié le Mardi 30 Novembre




Des fossiles d’homininés mis au jour dans la « Grotte à Hominidés » de la carrière Thomas I près de Casablanca ont été datés à 773 000 ans, une estimation obtenue grâce à une analyse magnétostratigraphique haute résolution calée sur l’inversion Matuyama–Brunhes. Selon l’étude publiée dans Nature et présentée par le ministère marocain de la Culture, ces restes appartiennent à une population décrite comme un « Homo erectus tardif évolué », située près de la phase de divergence entre la lignée menant à Homo sapiens et celle menant à Neandertal.

Dans la cavité, les chercheurs du Programme Préhistoire de Casablanca ont identifié des mandibules d’adultes et d’un enfant, des dents isolées, des vertèbres et un fragment de fémur. La combinaison de caractères archaïques typiques d’Homo erectus et de traits dérivés proches des formes plus récentes a orienté l’attribution vers une population transitoire. « Ces découvertes comblent un vide important du registre fossile africain, à un moment où les données paléogénétiques situent la divergence entre la lignée africaine menant à Homo sapiens et les lignées eurasiatiques à l’origine des Néandertaliens et des Denisoviens », explique Abderrahim Mohib (Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine, Rabat), impliqué dans les fouilles du programme de Casablanca.

L’équipe internationale, dirigée scientifiquement par des spécialistes dont le paléoanthropologue Jean‑Jacques Hublin, souligne que la précision de la datation offre l’une des références les plus solides pour des homininés anciens en Afrique. Le ministère marocain de la Culture met en avant la portée de cette avancée pour l’histoire de l’humanité et pour le rôle de l’Afrique du Nord : « La carrière Thomas I rappelle que l’Afrique n’est pas seulement le berceau des premières humanités, mais aussi un foyer de leur diversification ancienne. » Ce corpus, qui enrichit un intervalle temporel longtemps lacunaire (700–800 milliers d’années), complète les données européennes comme celles d’Atapuerca et renforce l’hypothèse de racines africaines profondes pour les lignées humaines récentes.

Les fouilles, initiées à la fin des années 1960 puis poursuivies dans le cadre du Programme Préhistoire de Casablanca, ont livré une série d’éléments post‑crâniens et dentaires qui, analysés en contexte sédimentaire et paléomagnétique, situent la population près de l’embranchement évolutif entre Homo sapiens et Neandertal. L’interprétation reste prudente : parler d’un « ancêtre commun probable » exprime la proximité phylogénétique plutôt qu’une identification taxonomique définitive, un point rappelé dans les synthèses scientifiques associées à l’article de Nature.





Source : https://lemag.articlophile.com/blog/i/93593371/cas...